Vous êtes libre de l’abolir pour vous-même si vous le souhaitez, mais il y aura probablement peu de gens prêts à vous suivre.

Même quand on n’utilise pas de monnaie, il est rare qu’on ne compte pas.

Certaines communautés prétendent vivre “sans monnaie”, mais il y a toujours un livre de compte quelque part, au moins dans la tête de chaque membre de la communauté.

Ce genre de communauté “sans monnaie” existe dans des conditions très particulières : elles sont généralement très petites et isolées du reste du monde, par exemple par les géographie (typiquement des îles comme Ikaria).

S’il arrive qu’on se rende des services entre “amis”, c’est uniquement parce qu’on a rarement plus de 150 “amis”.

Même entre voisins, la réciprocité peut prédominer, à la manière du personnage de Bree Van der Kamp, dans la série Desperate Housewives, qui sait très bien qu’elle “doit un dîner” à tels voisins.

De la même façon, à la campagne, on se rend des services entre voisins, mais si vous osez dire merci, on vous dira probablement que :

Il n’y a pas de merci.

Car dire “merci” est une façon d’éteindre une dette. Mais à la campagne, c’est :

Un donné pour un rendu.

La monnaie : source de tous les mots ?

Idéalement, la monnaie ne devrait être qu’un moyen de mesurer les échanges, de façon totalement neutre.

Et c’est ce que font les monnaies libres !

Ce n’est certainement pas l’expérience que vous avez eue jusqu’à présent, mais si vous dites à un jüniste que

l’argent pourrit tout

il vous répondra probablement que :

ça dépend du système monétaire

ou que :

l’argent est un métal, qui ne sert plus de monnaie depuis bien longtemps

ou encore que :

ce n’est pas surprenant d’être prêt à mettre sa conscience de côté pour capter de la monnaie, quand on vit dans un système monnaie-dette où le manque de monnaie stresse tout le monde