La Ğ1 n’est pas un actif spéculatif

Vous pouvez essayer de spéculer sur la Ğ1, mais on ne vous le conseille pas ^_^

La raison pour laquelle le Bitcoin a “pris de la valeur” avec le temps (c’est-à-dire qu’un Bitcoin s’est échangé contre de plus en plus d’unités d’autres monnaies), c’est que le Bitcoin est, par essence, déflationniste : le nombre de Bitcoins qui peut exister est fini et définit à 21 millions. Les créateurs du Bitcoin ont reproduit le modèle de rareté de l’or : plus le temps passe, plus il devient difficile de “miner” des Bitcoins. Le nombre de Bitcoins augmentera donc un peu avec le temps, mais de façon logarithmique : chaque année, il y aura de moins en moins de Bitcoins, et il faudra de plus en plus de puissance de calcul (donc d’électricité) pour en produire.

Essayer de se procurer des Bitcoins semble intéressant, du fait qu’il y a de moins en moins de Bitcoins produits : c’est ce qui engendre la spéculation.

Avec la monnaie libre en général, et la Ğ1 en particulier, c’est exactement l’inverse : plus le temps passe, plus le nombre de Ğ1 augmente, et plus il augmente vite. La création de Ğ1 est exponentielle (mais pas la consommation électrique, heureusement).

Essayer d’accumuler maintenant plein de Ğ1 dans l’espoir de pouvoir plus tard les échanger contre beaucoup plus de biens, de services ou d’unités d’autres monnaies serait donc un pari risqué.

Contrairement aux monnaies les plus utilisées dans le monde, la monnaie libre n’est PAS un instrument de pouvoir.

Contrairement aux monnaies les plus utilisées dans le monde, la monnaie libre est un véritable instrument de mesure des valeurs économiques.

Comme le mètre, le gramme ou la seconde, la monnaie libre est un instrument de mesure des valeurs fiable dans le temps.

Par exemple, si, en 3 ans, le prix d’un expresso passe de 1,50 DU à 2,00 DU, vous pouvez être sûr que c’est bien le prix de votre café qui a augmenté, pour une raison ou une autre (mauvaise récolte, guerre civile au Venezuela, etc.). Vous ne pouvez pas en dire autant de l’Euro : si en 3 ans le prix d’un expresso passe de 1,50 € à 2,00 €, ça peut très bien être l’augmentation de la masse monétaire (« l’inflation ») qui a fait diminuer le poids relatif de votre monnaie (son « pouvoir d’achat »).

Bien-sûr, vous êtes libre d’essayer d’accumuler des Ğ1 dans votre porte-feuille, en espérant qu’un jour elles vous permettront d’acheter plus qu’aujourd’hui, mais il n’y a aucune garantie que ça se produise. Surtout, ce serait passer à côté de l’essentiel de l’intérêt de cette monnaie, qui est d’obtenir de vraies valeurs économiques (biens et services), et non pas de la monnaie, qui n’est qu’un instrument de mesure et une unité de compte.

La Ğ1 a-t-elle des points communs avec le Bitcoin ?

D’une part, précisons que la monnaie libre est un concept général. Une monnaie libre n’est pas nécessairement basée sur la blockchain, même si c’est le cas de la Ğ1.

Par ailleurs, le mécanisme du Bitcoin est « premiers arrivés, premiers servis », ce qui est totalement l’inverse du concept même de monnaie libre.

Dans la monnaie libre, deux personnes qui seraient membres de la toile de confiance pendant une même quantité de temps produiraient la même part relative de monnaie, et ce quelle que soit leur date d’inscription.

Prenons un exemple :

Stéphane, est rentré dans la toile de confiance en 2017. Imaginons qu’il y reste jusqu’en 2067. Il aura produit sa part de monnaie pendant 50 ans.

Imaginons maintenant que Mila rentre dans la toile de confiance en 2039, et y reste jusqu’en 2089. Elle aussi aura produit sa part de monnaie pendant 50 ans.

Peu importent les dates auxquelles Stéphane et Mila auront commencé à produire de la monnaie : s’ils restent producteurs de monnaie pendant la même durée, alors ils auront, au cours de leurs vies respectives, été égaux devant la création monétaire.