Alors : tout dépend de ce qu’on entend par SEL.

Si on prend “SEL” au pied de la lettre

Si on comprend SEL uniquement comme “Système d’Échange Local” alors :

  • oui, les monnaies libres sont toujours un “système d’échange”
  • oui, la Ğ1 est relativement “locale”, de deux manières :
    • elle est plus localisée géographiquement que des monnaies concurrentes comme l’Euro ou le dollar
    • les échanges en Ğ1 se font généralement à un niveau plutôt locale, simplement parce que la plupart des jünistes n’aiment pas dépenser des Euros pour payer des frais de port

Si on parle des carnets de JEU, généralement utilisés par les SELs

D’un SEL à l’autre, il peut y avoir différentes façons de fonctionner.

Niveau technique : certains SELs fonctionnent avec papiers et crayons (le carnet de JEU) tandis que d’autres utilisent un système informatisé (site web généralement).

Niveau règles : dans certains SELs, tout le monde commence à 0, et peut aller autant qu’il le souhaite dans le négative, tandis que d’autres donnent un crédit à tout nouvel arrivant.

Voici par exemple 7 lignes extraites du carnet de JEU d’un membre du SEL du Golfe (Morbihan) :

Ce système comptable s’appelle le “crédit mutuel fixe“.

Points communs et différences les monnaies libres et les autres SELs

Nous allons comparer ici le système de crédit mutuel fixe, adopté par de nombreux SELs à travers le carnet de JEU, avec les monnaies libres.

L’égalité au départ

Le crédit mutuel fixe présente, par rapport aux systèmes comme l’Euro dans lesquels la monnaie est créée par des banques privées par le biais de la dette, qu’à un même instant t tous les individus sont égaux face à la création monétaire.

La TRM appelle ce point la “symétrie spatiale”.

L’égalité dans le temps

En revanche, le crédit mutuel fixe présente un problème dans le temps.

Si un SEL durait suffisamment longtemps (plusieurs vies), à terme, les nouveaux entrants subiraient les rapports de pouvoir créés par les premiers entrants.

En effet, si on donne, en absolu, la même quantité de monnaie à chacun, à son arrivé dans le système (ou si tout le monde commence à 0, ce qui revient au même), la masse monétaire totale croit avec le temps, au fur et à mesure des arrivées et des départs (ou des naissances et des morts), ce qui, à population équivalente, fait baisser le montant relatif alloué aux nouveaux arrivants.

Pensez à ce qui se passe dans le temps :

Des selistes restent tandis que d’autres partent (déménagement, décès…).

Si tous ceux qui partent n’équilibrent pas leur compte par rapport à ce qui restent (ils ramènent leur solde à 0 avant de déménager ou de mourir), alors de la masse monétaire s’accumule progressivement parmi ceux qui restent.

Et ce processus défavorise toujours les derniers entrants.

Qu’est-ce qu’un crédit de 1000 fleurs de sel, quand chaque seliste a en moyenne 9000 fleurs de sel sur son compte ?

Concrètement, un nouvel arrivant se retrouverait en position d’infériorité dans la négociation de ses services face à quelqu’un qui posséderait 25 000 fleurs de sel de crédit, parce qu’il a beaucoup vendu aux anciens membres, dont certains ne sont même plus dans le système.

Certains SEL essayent de corriger ce problème en imposant que 1 fleur de SEL = 1 minute de temps, mais alors les individus ne sont pas libres d’estimer eux-même la valeur.

Un SEL, s’il souhaitait permettre l’égalité entre ses membres quelle que soit leur date d’arrivée, devrait donc se doter d’un code monétaire qui garantisse la symétrie temporelle, c’est-à-dire une monnaie libre.

La monnaie libre permet de faire des systèmes d’échanges qui ne seraient pas forcément “locaux”, mais un SEL a parfaitement le droit de créer une monnaie libre pour répondre à ses besoins, ou bien d’adopter la Ğ1, ce qui est probablement plus simple.

Différences entre la Ğ1 et les autres SELs

La Ğ1 présente plusieurs différences majeures avec la plupart des autres SELs :

1. La triche n’y est pas possible

La triche n’y est pas possible ou, du moins, pas aussi facile.

Avec un carnet de JEU, il est facile de falsifier le solde de son compte.

La technologie de la blockchain utilisée par la Ğ1 ne permet pas ça.

2. La Ğ1 passe à l’échelle.

Du fait même de la possibilité de triche (et pour d’autres raisons) les autres SELs ne passent jamais à l’échelle.

La Ğ1, elle, est déjà présente un peu partout en France et en Belgique, et il y a régulièrement des échanges à cet échelon.